Le 28 novembre 2024
Merci de votre présence et de votre participation
Merci de votre présence et de votre participation
Une trentaine de personnes s'est rendu sur le site des bâtineurs pour cette plénière du Club inné. Deux entreprises du territoire nous ont raconté leur modèle, leurs motivations et les limites qu'ils rencontrent.
Jean-Michel Thouvignon, Olivier Blandin, Isabelle Boulaire, Amélie Coulombel, José Gonçalvès étaient présents avec les lunettes de l'EFC.
La nécessité de recourir à une utilisation raisonnée des ressources naturelles et des déchets est comprise par un nombre croissant d’acteurs économiques. Cela se traduit notamment par l’émergence de nouvelles entreprises qui fondent leur activité sur le réemploi ou le recyclage. Ces activités qui visent à apporter une contribution utile à la nécessaire transition écologique sont susceptibles de rencontrer des obstacles qui contrarient leur rentabilité compte tenu des modes de production et de consommation dominants.
À l’occasion du lancement du diplôme universitaire « Management de l’économie circulaire » de l'IAE de Rouen le Club INNÉ vous invite à une rencontre sur le site de réemploi du BTP « Les Batineurs ». Nous partirons du témoignage de deux entreprises du réemploi, nous débattrons sur ce que l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération peut apporter aux acteurs de l’Économie Circulaire pour renforcer leurs actions.
Le concept de circularité dans les modes de production et de consommation est déjà ancien car dès 1966, à une époque où l’on pensait encore que les ressources planétaires étaient illimitées, on le trouve dans un ouvrage écrit en langue anglaise qui suggère de s’inspirer des cycle de la nature.
En 1972 une plateforme industrielle expérimente une symbiose industrielle avec une approche circulaire de la production donnant un exemple concret d’écologie industrielle : la symbiose de Kalunborg au Danemark.
Depuis, l’économie circulaire et la nécessité de circulariser notre économie ont une importance grandissante compte tenu de la prise de conscience que les conditions de la vie humaine sur notre planète ne sont pas nécessairement éternelles et peuvent disparaître avec la raréfaction des ressources.
La transformation de l’économie vers un modèle circulaire est très lente, sans doute trop lente !
Alors des entrepreneurs audacieux (pléonasme ?) créent leurs entreprises pour accompagner cette circularisation de l’économie en axant leur action sur des activités comme le réemploi ou le recyclage.
L’utilité de ces activités n’est pas contestée, mais nous nous demandons si être utile est suffisant pour rencontrer la rentabilité ?
D'où venez vous ? Quelles sont vos motivations ? Vos promesses à vous même sont elles respectées à l'usage ? Votre offre correspond elle à votre motivation initiale ?
Deux pépites se donnaient à voir et à entendre ce 28 novembre.
"J’ai besoin de coopération : il nous faut un écosystème fourni étoffé avec des personnes qui se posent des questions à toutes les échelles. "
Je cherche un peu de sérénité
on a besoin de s’entourer
Il y a cinq ans, la formation à été construite pour répondre aux enjeux de responsabilité dans la transition écologique à mener.
Avec l’aide de quelques outils mis en place dans l’entreprise, nous avons trouvé une légitimité dans la facturation et notre CA à augmenté.
Nous avons décidé de cultiver des communs équipes/clients. Par exemple, la qualité de vie au travail peut être un commun partagé avec nos clients : La proximité est un facteur de qualité tant pour nos salariés que pour nos clients.
Le temps passé à été conscientisé et verbalisé, c’est devenu une valeur différenciante.
... à suivre...
Le projet Coopératif Numérique a émergé comme une réponse aux enjeux socio-économiques et environnementaux liés à l’accessibilité au matériel informatique et à la prévention de déchets informatiques.
Le projet Coopératif Numérique a émergé comme une réponse aux enjeux socio-économiques et environnementaux liés à l’accessibilité au matériel informatique et à la prévention de déchets informatiques. Avec le soutien du Réseau national des Ressourceries et Recycleries et d’Ecologic, cette initiative vise à accompagner et structurer des activités de reconditionnement informatique tout en renforçant les dynamiques de coopération entre acteurs locaux.
méthode
Accompagnement à la création ou le développement d’atelier de reconditionnement, mise en place dans partenariat de redistribution dans des territoires, capitalisation.
Facteur de réussite
Interconnaissance des acteurs et des pratiques, communauté, facilitation par un tiers de confiance.
défi
Coopération extérieure
Nous n’avons pas totalement réussi notre objectif, celui d’une interconnaissance des acteurs pour à minima, informer et rediriger d’éventuels partenaires, bénéficiaires…
Par exemple : connaissance de l’offre de reconditionnement par les acteurs de la médiation numérique. Redirection de gisement en fonction des capacités techniques des acteurs du reconditionnement informatique
Difficultés rencontrées :
Multiplicité des enjeux et interlocuteurs : Le reconditionnement numérique, au croisement des enjeux environnementaux, sociaux et économiques, nécessite l’implication de nombreux acteurs : médiation numérique, acteurs ESS, acteurs du reconditionnement informatique, entreprises et administrations publics pour le don de matériel informatique…
Passer d’un simple dialogue à une mutualisation ou à des actions concrètes demande une compréhension fine des objectifs et des contraintes de chaque partie et du TEMPS.
Cette démarche coopérative et de mise en lien avec l’écosystème territorial constitue une étape clé pour comprendre et répondre aux besoins du public cible, grâce à l'identification préalable des attentes des bénéficiaires par les acteurs locaux. Elle permet également de garantir une complémentarité de l’offre proposée tout en optimisant l’efficience des ressources mobilisées.
Ça fait maintenant 9 mois qu'existe le réseau low-tech normand.
Sa structuration est un sujet multidimensionnel, "méta" mais j'ai au moins 2 certitudes :
1. La low-tech en Normandie est 𝗿𝗶𝗰𝗵𝗲 :
- 𝗘𝗻 𝗽𝗿𝗼𝗷𝗲𝘁𝘀, de l'industriels au citoyen : véhicules intermédiaires, agriculture innovante, énergie solaire à concentration, éco-construction, réemploi, etc.
- 𝗘𝗻 𝗮𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 diversifiés : communautés de communes, industrie, écoles d'ingénieurs, universités, acteurs de l'ESS, institutions, réseaux régionaux, etc.
2. Le réseau normand est attaché à cette diversité, nécessaire aux ambitions qu'il se donne :
- 𝗙𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗶𝗻𝗳𝘂𝘀𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲 low-tech en construisant de nouveaux imaginaires et en sensibilisant les pros
- 𝗦𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗳𝗶𝗹𝗶𝗲𝗿𝗲 avec un guichet identifié, faisant le lien avec l'industrie et l'innovation et consolidant une offre de service, dans l'esprit "pôle de compétitivité"
- 𝗔𝗻𝗶𝗺𝗲𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗹𝗮𝘁𝗲𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲 𝗿𝗲𝗴𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲 efficace pour construire les chaînes de valeurs low-tech, gourmandes en coopération multi-acteurs et fécondes de nouveaux modèles industriels :
#EFC en lien étroit avec la société civile
Un grand merci pour ce témoignage, les liens et perspectives communes sont nombreuses.
Co-fondateur et co-développeur d'une plateforme de réemploi de matériaux de construction.
Olivier Blandin, président du Club inné, Maître de Conférence associé, Intervenant-chercheur à Atémis
Encore une plénière où nous avons appris plein de choses !
Les deux témoignages sont très enthousiasmants et montrent, à la fois, toute la pertinence de chacun de ces projets engagés dans l’économie circulaire et les questionnements en termes de modèle économique.
A partir de l’approche développée par l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération, je dégagerai deux enseignements principaux de ces deux témoignages très riches.
Dans le cas de Matos Okas, il me semble qu’un des enjeux est de mieux mettre en évidence sa proposition de valeur, au sens des effets utiles générés par son offre, qui va bien au-delà de proposer du matériel informatique en réemploi et les services d’accompagnements à l’installation. En effet, le témoignage de Tony Tranel montre, qu’en plus des enjeux en termes environnementaux, Matos Okas offre la capacité à donner accès à du matériel de qualité à des professionnels, privés comme publics, n’ayant pas une connaissance suffisante en informatique pour acheter directement sur des sites de seconde main. Au-delà de permettre à des structures ayant peu de moyens financiers de bénéficier de matériel de qualité, Matos Okas les aide à choisir le bon matériel en fonction de leur usage, à les installer et les prendre en main. Matos Okas leur peut également leur proposer d’adapter le matériel en fonction de l’évolution des besoins internes dans le temps. Tout cela vient soutenir les effets en termes environnementaux en allongeant la durée de vie du matériel, en cherchant à adapter le matériel à son usage, à accompagner l’usage et les évolutions des besoins…
Dans le cas des Bâtineurs, il me semble que là aussi, sa proposition de valeur est très riche et va au-delà de la valorisation des matériaux issus des travaux de réhabilitation. En effet, le témoignage de David Groix a permis d’éclairer différents enjeux notamment :
la réticence de nombreux professionnels à franchir le cap pour mettre en œuvre cette pratique, que cela soit du côté de la maîtrise d’œuvre, des architectes et bureaux d’études, des entreprises sur les chantiers.
Le fait pour les Bâtineurs, d’apprendre au fur et à mesure des chantiers et de développer ainsi des compétences fines pouvant être redéployées dans d’autres projet,
Ainsi, l’une des dimensions centrales qu’apporte les Bâtineurs, c’est de permettre à ces professionnels de faire l’expérience de cette approche de valorisation lors des projets de réhabilitation, de bénéficier des expériences des autres à travers les compétences développées par les Bâtineurs sur d’autres projets. Les Bâtineurs permettent d’accompagner des changements de pratique (professionnel ici), de développer de nouveaux repères de métier, qui sont indispensables pour soutenir la transition environnementale.
Le regard EFC peut révéler la valeur (au sens d’effets utiles) effectivement produite par l'activité (ici le soutien aux évolutions des pratiques de métier, la préservation de la ressource, l'innovation servicielle, l'accessibilité...). En révélant ces effets utiles, on élargit le champ des bénéficiaires de l'offre proposée et il devient possible d'entrer dans de nouveaux rapports de contractualisation.
Cette soirée a permis des rencontres intéressantes avec des personnes impliquées dans la nécessaire transformation de l’activité économique de nos territoires. Malgré une température peu propice aux débats, les témoignages des deux entreprises qui ont fondé leur activité sur le réemploi a suscité des échanges riches et pertinents avec le public venu les écouter.
Merci à David et à Tony de s’être livrés à cet exercice.
Merci également à Nicolas Praquin d’être venu présenter la formation à l’Économie Circulaire dont il a pris l'initiative au sein de l’IAE de Rouen Normandie.
Pour le Club INNÉ, cette plénière nous a offert une belle opportunité de regarder comment l'EFC peut apporter un éclairage sur les effets utiles et la valeur créée par des modèles de réemploi. C'était sûrement l'occasion d'approcher collectivement ce qui est en jeu ainsi que la part de responsabilité de chacun dans l'équilibre précaire d'un marché à peine émergent.
Jean-Michel Thouvignon